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Message de la Conférence des évêques suisses à l’adresse des agents pastoraux, prêtres, diacres et laïcs


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Niklaus von Flüe 2017



SBK-CES-CVS Conferenza dei vescovi svizzeri | 21.05.2017

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Messaggio dei Vescovi per la Domenica del malato 5 marzo 2017


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Membro CVS Membro CVS | Comunicato stampa | 20.02.2007

Message de l’évêque de Sion Mgr Norbert Brunner pour la journée des malades 4 mars 2007

Pourquoi moi? Être témoins de l’amour de Dieu

C’est à vous qui êtes malades, âgés, handicapés ou isolés que j’adresse tout particulièrement ce message.

Chers frères et sœurs,

Aujourd’hui, nous célébrons le dimanche des malades. Notre pensée se tourne vers vous, à qui nous voulons accorder une attention toute particulière. Nous prions pour vous et nous vous demandons de prier pour nous. Cette démarche est importante. Ce d’autant plus que, de nos jours, nous oublions facilement que nous appartenons tous à une communauté : à une famille, à un village, à une nation. Et cela, que nous soyons en bonne santé ou malades, jeunes ou vieux, joyeux ou tristes, entourés ou isolés. Mais suffit-il d’y penser une fois par année ?

À cette question, nous répondons fermement : non ! Pourquoi ? Tout simplement parce que vous et vos proches ainsi que vos amis, ce n’est pas seulement en ce dimanche des malades que vous vous posez des questions sur votre maladie, votre handicap, votre solitude ou vos faiblesses. À plus forte raison lorsque votre maladie dure depuis un certain temps déjà, lorsque votre maladie vous empêche de travailler et de vivre dans votre famille, lorsque la perspective d’un rétablissement s’éloigne de plus en plus, malgré tous les soins reçus.

Sans doute est-ce dans ces situations que l’on se pose cette redoutable question : « Je suis malade. Pourquoi moi ? » Une question que l’on se pose surtout en cas de maladie soudaine ou lorsqu’on apprend que l’on est atteint d’une grave maladie, voire d’une maladie incurable. Vous avez beau chercher une réponse, ruminer la question, vous creuser la tête, interroger ou discuter, vous ne trouverez pas de réponse. Parce qu’il n’y a pas de réponse à cette question. Même si l’on vous dit que la maladie fait partie de la vie humaine, cela ne vous aide pas. En effet, une personne malade ou handicapée est seule face à elle-même. Même si des parents, des enfants, des proches ou des amis la soutiennent, l’aident et l’entourent, elle se retrouve en fin de compte seule avec sa souffrance.

On se pose souvent aussi une autre question à laquelle il est cependant possible de répondre : « Est-ce que je suis responsable de ma maladie ? Est-ce que j’ai fait quelque chose de mal. Est-ce que j’ai péché ? Est-ce que ma maladie est une punition de Dieu ? » Là, nous pouvons et devons répondre clairement « NON ». Souvenons-nous de la rencontre de Jésus avec l’aveugle-né (Jn 9, 1-7). Les disciples demandent à Jésus : « Rabbi, pourquoi cet homme est-il né aveugle. Est-ce lui qui a péché, ou bien ses parents ? » La réponse de Jésus est sans équivoque : « Ni lui, ni ses parents. Mais l’action de Dieu devait se manifester en lui.»

Comment comprendre ces paroles ? Certains diront que Dieu a besoin de la maladie pour nous manifester son action. C’est complètement faux. Dieu ne veut ni la maladie, ni la souffrance. Il ne veut ni la solitude, ni le handicap. Il ne veut ni la faiblesse, ni la douleur. Mais comme la maladie et la souffrance font partie de la vie humaine, Dieu saisit ces occasions pour montrer de manière toute particulière son amour infini à ceux qui souffrent. Et il n’a pas de plus ardent désir que celui de voir son amour agir, de voir son amour apporter aide et réconfort, de voir son amour apporter le salut à chaque être humain. C’est en cela que consiste la mission de Jésus. C’est pour cette raison qu’il est venu sur terre : pour sauver l’humanité.

Comment nous, êtres humains, répondons-nous à cet amour que Dieu nous donne ? Dans notre vie quotidienne, ne sommes-nous pas, de fait, peu attentifs aux appels et aux actions de Dieu ? Agissant ainsi, ne passons-nous pas parfois à côté de son amour ? Un peu comme un randonneur qui se trouve en difficulté et qui ne prend pas la main tendue par son compagnon de randonnée. Si nous ne cherchons pas consciemment, volontairement l’amour que nous Dieu nous donne, si nous ne prenons pas le temps d’en faire l’expérience dans notre vie, il se peut bien que nous passions complètement à côté de lui.

Vous vous demandez peut-être quel rapport cela peut avoir avec la maladie ? Eh bien, il se peut que, dans votre maladie, votre handicap, votre souffrance ou votre faiblesse, vous soyez appelés à devenir pour nous un exemple. Vous avez été obligés de faire une halte, de vous retirer dans le silence et de vous laisser soigner. Vous pouvez utiliser ce temps pour réfléchir à Jésus et à son amour pour les hommes. Si c’est le cas, votre exemple sera pour nous d’une grande aide. Vous devenez alors les témoins de ce que saint Paul a écrit : « Ce qui manque aux détresses du Christ, je l’achève dans ma chair, en faveur de son corps qui est l’Église. » (Col 1,24) C’est suivre le Christ dans sa souffrance jusqu’à la croix.

Peut-être que, seuls, vous n’en avez pas la force. Mais il y a des personnes à vos côtés, qui vous soignent et vous accompagnent dans les hôpitaux, dans les homes ou à votre domicile. Ces personnes peuvent vous aider dans votre démarche. En ce dimanche des malades, nous voulons remercier toutes ces personnes pour l’immense travail accompli avec dévouement auprès de ceux qui leur sont confiés.

Vous qui êtes malades, âgés, handicapés ou isolés, vous chers frères et sœurs, je vous adresse cette pressante supplique : « Aidez-vous, vous-mêmes, et aidez-nous afin qu’à travers votre maladie ou votre handicap l’action de Dieu et son Amour infini soient manifestés pour nous. Je vous en remercie. Puisse le Christ en son amour vous être proche et puisse la proximité de son amour contribuer à votre rétablissement physique et psychique !

Sion, le 4 mars 2007

+ Norbert Brunner
Évêque de Sion