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Messaggio dei Vescovi per la Domenica del malato 5 marzo 2017


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La nonviolenza: stile di una politica per la pace


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12.12.2011

Omelia pronunciata da S. Em. il cardinale Georges Marie Cottier OP

In occasione dell'ordinazione di Mgr Morerod

Omelia di S. Em. il cardinale Georges Marie Cottier OP in occasione dell'ordinazione episcopale di Mgr Charles Morerod OP, l'11 dicembre 2011, nella cattedrale di San Nicola (Friburgo).

Les paroles que nous venons d’entendre appartiennent au Prologue de l’évangile de Jean qui nous parle du mystère de l’Incarnation: le Verbe qui est en Dieu et qui est Dieu, le Fils unique qui nous fait connaître le Père, est la Lumière véritable (v.9).

La première chose dite de Jean est qu’il est envoyé de Dieu. Il ne s’est pas proposé lui-même, il a obéi à une vocation lui enjoignant d’accomplir une mission.

L’objet de cette mission est de porter témoignage, ce qui marque par rapport à Celui qui est la Lumière véritable distinction et lien indissoluble : Il n’était pas la lumière, mais le témoin de la lumière (v.8).

Il doit conduire ceux à qui il est envoyé à la foi : afin que tous croient par lui (v.7).

Celui qui est la Lumière véritable a donné à tous ceux qui, grâce au témoignage de l’envoyé, l’ont reçu et croient en son Nom, de pouvoir devenir enfants de Dieu (cf. v. 12).

Une longue suite de prophètes envoyés à Israël pour maintenir vive dans les cœurs l’attente du Messie a précédé la venue de Jean, qui a reçu mission d’annoncer sa présence : « Lui qui vient après moi est passé devant moi, parce qu’avant moi il était » (v.15). C’est par l’effacement de sa personne que le témoin remplit sa mission.

Tous, les prophètes jusqu’à Jean ont été envoyés pour préparer l’envoi du Fils unique, don suprême de l’amour du Père.

Ce n’est pas un hasard si les paroles envoyé, envoi reviennent si souvent dans les premières pages de l’évangile. Cette répétition obéit à une intention : conduire le regard de la foi vers Celui qui envoie. C’est l’insondable amour du Père que l’envoyé vient nous annoncer. Car la source et le fondement de toutes choses est l’initiative de l’amour divin. Cette certitude porte toute l’existence chrétienne.

Au moment de quitter ses Apôtres, Jésus ressuscité le rappellera : « Comme le Père m’a envoyé, moi aussi je vous envoie » (Jn 20,20). Il leur avait promis de ne pas les laisser orphelins après son retour vers le Père et de leur envoyer l’Esprit consolateur qui les conduirait vers la vérité toute entière (Cf. Jn 16, 16-17).

Envoyé témoigner : la formule s’applique à la mission de l’évêque. De l’initiative de l’amour du Père l’Eglise tire son origine. Par elle et en elle, le Fils venu prendre notre humanité ne cesse de se donner à nous.

« Comme le Père m’a envoyé, moi aussi je vous envoie » : les Apôtres ont obéi à cet envoi. Avec l’autorité de témoins directs, ils annoncent la bonne nouvelle du Sauveur ressuscité.

De ce témoignage sont porteurs les évêques. En recevant la plénitude du sacrement de l’Ordre, ils entrent dans la succession apostolique. Par celle-ci ils maintiennent actuel, vivant, le témoignage du collège des Apôtres réunis autour de Pierre.

C’est pourquoi l’évêque partage, en tant que membre du collège, la responsabilité de l’Eglise universelle, dont la présence dans l’Eglise particulière – le diocèse – est confiée à sa sollicitude pastorale.

Tout baptisé est appelé à rendre, par la cohérence évangélique de sa vie et par la parole, témoignage de son espérance

(Cf. IP 3,15). Cela est vrai a fortiori de l’évêque, à qui le Seigneur demande d’une manière plus pressante la radicalité du don de soi. Cette exigence a sa raison d’être dans le message dont il doit témoigner, lequel déborde sa propre personne : le témoignage apostolique lui-même dont vit l’Eglise. Sa mission est toute relative au mystère du Christ. Il doit l’annoncer à tous, faire en sorte que tous découvrent la bonté et la miséricorde de Dieu. Il doit veiller à sa présence vivante, contagieuse, et à son intégrité.

Les lettres apostoliques contenues dans le Nouveau Testament sont révélatrices de tâches qui ne sauraient fléchir : louange et adoration de la splendeur libératrice du mystère du Christ, vigueur missionnaire, et aussi mises en garde tantôt angoissées tantôt sévères contre des déviations ruineuses pour la foi et pour la communion fraternelle.

Le témoignage dont nous parlons est celui de l’Eglise entière et donc de chacun de nous. Le charisme de l’évêque est un charisme d’unité et d’amour fraternel. L’évêque reconnaît les dons impartis à chacun, il suscite et il encourage. Cela est vrai d’abord de son union avec les prêtres, - ce qu’on appelle le presbyterium. Pour eux, il est, dit le Concile Vatican II, père, frère, ami.

Cher frère Charles, vous allez devoir conduire le diocèse qui vous est confié sur les chemins de la nouvelle évangélisation. Nous devons cette expression à Jean-Paul II, qui entendait répondre à la situation religieuse de nombreux pays, notamment d’Europe occidentale. Deux phénomènes se présentent à nous comme des défis. Le premier est l’immigration croissante de populations étrangères au christianisme. Le second est le nombre important de ceux qui s’éloignent de l’Eglise, comme si la première évangélisation, qui a apporté aux peuples européens la lumière du Christ avec ses fruits de culture et de civilisation, avait épuisé son énergie. La difficulté tient à ce que beaucoup se détachent du christianisme, qu’ils croient connaître, mais qu’ils ne connaissent plus. Le phénomène est frappant dans les jeunes générations. On se débarrasse d’un passé dont on pense qu’il n’a plus rien à nous apporter et sur lequel circulent une série de clichés négatifs. C’est à des personnes blasées, souvent hostiles, que la parole du salut doit être adressée.

La nouvelle évangélisation nous rend conscients de la permanente nouveauté de l’Evangile. Elle nous rappelle la condition de l’Eglise qui poursuit son pèlerinage dans le temps, où nous ne devons pas nous faire illusion sur ce qui serait un acquis définitif. L’Eglise ne doit jamais cesser d’évangéliser, elle vit de la Parole vivante, elle est missionnaire.

Notre Pape Benoît XVI a proclamé, à l’occasion du cinquantième anniversaire du Concile Vatican II, 2012 Année de la foi. C’est la foi vive qui irradie toute la vie chrétienne et en qui les tâches qui nous attendent puisent leur sève. Nous sommes convoqués à un chemin de conversion, qui est le chemin d’union personnelle à Jésus-Christ. Sur ce chemin vous entraînerez le diocèse. Là aussi doit trouver son impulsion l’engagement œcuménique, parce que tous les chrétiens sont concernés par une démarche de foi, plus généreuse et plus réfléchie.

Cher frère Charles, les tâches qui vous attendent et que je viens d’évoquer pourraient paraître écrasantes. Elles seront pour vous source de joie, parce que l’œuvre à laquelle vous devez collaborer est l’œuvre de Dieu et que nous ne sommes jamais seuls.

Le Seigneur nous l’a dit : « Oui, mon joug est aisé et mon fardeau léger » (Mt 11,30).

+ Georges Card. Cottier, OP