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Comunicato stampa | 15.12.2010

Un « meurtre sur demande» reste un meurtre et doit être puni

La Commission « Bioéthique » de la Conférence des évêques suisses réagit à un jugement neuchâtelois

Suite à un récent acquittement, le «meurtre sur demande» (euthanasie) risque de devenir non punissable. La Commission « Bioéthique » de la Conférence des évêques suisses est préoccupée par la décision du tribunal de Boudry (NE).

Souhaitant d’abord aider une personne malade à se suicider, un médecin a finalement injecté lui-même la substance mortelle. Bien que cet acte, en vertu de l´article 114 du Code pénal suisse, soit puni par la loi en tant que «meurtre sur la demande de la victime», le tribunal le justifie en reconnaissant dans cette situation un « état de nécessité ».

Nous ne voulons pas nous prononcer sur le jugement lui-même, ni sur la situation particulièrement tragique à laquelle il fait référence, en attendant de voir si le Ministère public fera recours. En revanche nous aimerions réagir aux commentaires qui y voient la possibilité d´étendre encore davantage la pratique du suicide assisté jusqu´à faire disparaître la limite qui le sépare de l´euthanasie. Cette affaire montre la proximité de ces deux pratiques, car c’est la même logique qui préside à l’aide au suicide et à l’euthanasie. En 2002, déjà, les évêques suisses montraient qu’une telle distinction était artificielle : dans les deux cas on contribue volontairement à la mort d´une personne pour lui permettre d´échapper à une situation de vie considérée comme intolérable.

Nous nous sommes déjà prononcés récemment sur la question (Schweizerische Kirchenzeitung, oct. 2010, pp. 208-209) : ces arguments humanistes, fondés sur la raison et l’expérience auprès des malades, éclairés en vérité par la foi chrétienne, impliquent de mettre en garde contre une évolution dangereuse de la pratique sociale.

Plusieurs, qui ont salué la décision du tribunal, ont fait état de l´opinion assez largement répandue selon laquelle la loi interdisant l´euthanasie serait obsolète et ne correspondrait plus à l´évolution des mentalités et des pratiques. Or toute société a besoin d´un cadre législatif qui maintienne la possibilité d´un vivre-ensemble humain. Les lois ne sont pas seulement le reflet de l´opinion publique à une époque donnée, mais certaines d´entre elles prescrivent les fondamentaux de la vie en société : l´interdiction de provoquer la mort d´autrui ou d’en être complice en fait partie et doit rester non négociable. Celui ou celle qui, dans des circonstances dramatiques, ne sait pas ou ne peut pas faire autrement que d´y déroger doit reconnaître qu´il a transgressé un interdit fondamental légal et moral et doit être prêt à en assumer les conséquences.

On a entendu affirmer que le diagnostic de la patiente décédée (sclérose latérale amyotrophique - SLA) était si terrible qu´il justifiait ce « meurtre compassionnel ». Il est très inquiétant de voir que la liste des affections qu´on juge incompatibles avec une vie digne s´allonge petit à petit. Nous sommes convaincus qu´il n´existe pas de situations de vie humaine qui par définition seraient indignes d´être vécues. Nous savons par contre qu´il existe des situations individuelles de souffrance dans lesquelles la personne touche aux limites de ce qu´elle peut endurer. Ces situations ne sont jamais à aborder avec fatalisme ou résignation, car il y a toujours à lutter avec la plus grande énergie contre la souffrance d´autrui afin de l´atténuer au mieux, mais aussi pour trouver ensemble le chemin d´une vie possible malgré cette souffrance ou à travers elle.

Dans ce sens nous rejetons avec force l´idée qu´il y aurait dans certaines circonstances une « nécessité » d´aider à mourir et encore plus que celle-ci soit assignée comme tâche aux médecins. Si nécessité il y a, c´est celle d´un accompagnement dans la solidarité humaine, qui allie la compétence et la sollicitude. Les soins palliatifs nous montrent que la douleur se soulage par des thérapies spécifiques, que la souffrance psychique ou existentielle (solitude, dépendance, angoisse, désespoir) se soulage par des relations interpersonnelles chaleureuses et authentiques, par la présence de personnes porteuses d´espérance pour celui qui désespère et par l´occasion donnée de garder ouverte la dimension spirituelle qui donne sens à la fin de vie. Ce qui se résume dans la belle définition du soin que donne le philosophe Bernard Honoré : « persévérer ensemble dans l´existence », nous aider les uns les autres à vivre plutôt qu´à mourir.

Fribourg, le 15 décembre 2010

Pour la Commission « Bioéthique »

Dr Thierry Collaud, président